Les rides autour des yeux

JE VAIS ECRIRE SUR LA GUERRE. LE THEME N’EST PAS JOYEUX, MAIS IL SE POURRAIT QUE QUELQU’UN LISE CERTAINES DES HISTOIRES QUE JE VAIS DECRIRE. IL Y A DES MILLIERS DE DESTINEES SEMBLABLES A LA MIENNE, JE NE SUIS DONC NI UNE EXCEPTION NI UN HEROS.

29.04.2008.

PLUS QU’UN PAS JUSQU'A LA LIBERTE

PLUS QU’UN PAS JUSQU'A LA LIBERTE

 

            Nous restions mais je ne comprends pas pourquoi. Le feu d’infanterie a commencé sur la ligne où on se trouvait, on subissait une attaque. Pendant que je surveillais le côté, eux tchetnicks sont sortis devant moi. J’ai tiré une rafale et jeté une grenade. Puis, tout est redevenu calme sur le côté droit.

 

            Les tchetnicks s’étaient regroupés autour des canons allignés devant nous à quelques centaines de mètres devant. J’ai tiré une rafale ou deux en leur direction, mais ça a eu pour seul effet de les faire se disperser derrière le remblais. Le fusil automatique était trop faible. Si j’avais eu mon sniper, j’en aurai eu au moins un.

 

            Les obus ont commencé à pleuvoir. J’ai couru vers les baraques. Vingt mètres devant la tranchée, sur le pré était étendu un de nos soldats. J’ai couru dans sa direction, mais les cannons anti-aériens de Gradiste et de Vidikovac ont eu raison de mon envie d’aller voir s’il était encore en vie.

 

            Ogulin m’a rejoint.

-« Poto, il y a beaucoup de morts ici… »

-« Plein… »

-« Tu en a compté combien ? »

-« Dans ces deux tranchées, ils sont quatre et trois dans la baraque. »

-« Il y en a encore deux près des chiottes, sur le côté gauche, je les ai vus. »

-« Et parmi les nôtres, des tués ou des blessés ? »

-« Celui devant nous, et je n’ai aucune idée pour la baraque bombardée. J’étais sur le côté gauche. Le gars de Zmajevac, celui qui t’appelle le « spécialiste » est blessé au bras, une balle l’a traversé. »

-« Au moins, je pourrais l’emmerder quand je le verrai… J’ai vu qu’ils ont emporté quatre hommes blessés. Et celui-ci, je l’observe depuis quelques minutes. Leur sniper attend à coup sûr qu’on se montre pour nous descendre. »

 

            Pendant qu’on discutait, le canon de trebevic a tiré un obus qui a mis l’autre baraque en pièces détachées. On a compris que cela ne servait à rien de dérfendre une côte déjà perdue. Il ne nous restait plus que d’essayer de nous tirer de là. J’ai pris un drap blanc par terre, et je l’ai emporté.

 

            Nous avons rejoint les autres soldats, ils étaient déjà prêts pour le retrait. Nous nous sommes déployés en groupes de deux. Je suis resté avec mon vieil ami Ogulin. On a sauté en même temps hors de la tranchée.

 

            Notre chemin était sous un feu incessant. Je rempais sur le ventre pour descendre la colline. J’ai mis le drap blanc sur moi, ça m’aidait à ma camoufler. Les traces de sang dans la neige étaient l’indication de la direction à suivre. Quelques centaines de mètres plus loin, nous étions de nouveau sur le pré.

 

            Les traces menaient plus bas, et le pré était labouré par la mitriallette anti-aérienne. Nous avons fait vite demi-tour et nous nous sommes planqués dans un arbuste. Ce qui aurait été une bonne planque si c’était l’été. Maintenant, elle servait uninquement pour nous remonter le moral. Tous les deux ou trois mètres nous devions nous arrêter à cause des obus qui explosaient à proximité de nous.

 

            Je ne savais pas ce qui était pire : les obus et la mitraillette anti-aérienne de Gradiste qui étaient si près ou celle de Trebevic qui nous avait dans sa ligne de mire. Les balles explosives déchiquettaient tout autour de nous. Souvent de petites branches tombaient sur nous…

QUAND TU SERAS VIEUX, PERSONNE NE VIENDRA FRAPPER A TA PORTE

            Au bout d’une heure de retrait, nous sommes parvenus dans une vallée. Ogulin a enfin dit un mot, le premier depuis qu’on a commencé à s’enfuir :

-« Dormeur, je savais que ça allait tourner mal ! Car à nous, rien de bon ne peut arriver… »

-« Tout va bien, tant qu’on discute. T’as vu combien ne pourront plus converser avec personne depuis ce jour ?! »

-« T’es vraiment un petit con ! Puis qu’est-ce que j’ai à me plaindre à toi ?! Bon, où va-t-on maintenant ? »

-« Aucune idée. Plus bas, il y a la rivière Lapisnica. Si nous réussissons à descendre un peu plus bas et à traverser la vallée, peut être qu’on peut s’en sortir par le canyon. »

-« Monter vers Obhodza ne marcherait pas… Plus haut, tu as vu, ils labourent chaque centimètre carré de terre avec leurs obus. »

-« Il vaudrait peut-être mieux attendre la nuit ici, avant de nous lancer. »

-« Après ce qui s’est passé dans le chalet, je n’attends surtout pas ici. Je me tirerai une balle plutôt que d’attendre… »

 

            Décidant de partir de suite, nous sommes descendus un peu plus bas, à travers la broussaille épaisse, puis nous avons commencé à monter vers Obhodza.

 

            Arrivés à destination, nous sommes allés au QG. Imaginez-vous qu’ils ne sabvaient toujours pas ce qui s’est réellement passé. Ils n’étaient pas les organisateurs de l’action, donc ils étaient tenus hors du circuit. La dernière chose qu’ils ont su c’était que nous avons pris la côte, qu’il y a quelques blessés de notre côté, et puis c’est tout.

 

            Une demi-heure après, est arrivé le bilan officiel. De mauvaises nouvelles : quatre des nôtres sont restés là-haut. Personne n’a pensé à ramasser les morts. Quelqu’un certifait que l’un d’eux était encore en vie quand ils l’ont donné au service médical. Ils ont du l’abandonner dans le no man’s land.

 

            Peu après, je suis parti chez moi. Je ne me suis même ps déshabillé, je me suis écroulé tout habillé.

            Les détonations raisonnent tout ce temps. Jamais aussi fortes. Le peu qu’il reste de Gazin Han va être rasé aujourd’hui. Deux obus sont tombés près de la maison, si près que le mortier des murs à commencé à tomber.

 

            Vers les conq heures du matin, de nouveau le courrier arrive à ma porte. Il m’est devenu quelque peu cher, c’est la seule personne qui frappe à ma porte. S’il n’était pas là, je ne saurais même pas qu’il y a des survivants dans le quartier.

-« Viens vite, ils ont besoin de toi au QG ! »

-« Quoi, maintenant ?! »

-« Il semblerait que le tank de Brezik a tapé dans le réservoir. »

-« Comment ça, tapé ? »

-« Il a percé le remblais, on pense qu’il y a des morts. »

-« D’accord, j’arrive dans cinq minutes ! »

 

            J’ai couru à l’intérieur pour ramasser le sac à dos et l’équipement, puis au pas de course, je suis ressorti. L’air glacial dehors m’a de suite fait comprendre que je n’étais pas habillé de manière adéquate pour cette saison. Qu’importe, peut-être c’est mieux comme ça, je reste conscient d’exister. Quand bien même c’est la sensation de froid qui me le montre…


Stariji postovi

Les rides autour des yeux
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POUR LES NOUVEAUX LECTEURS

IN MEMORIAM


KEPA, QUE DIEU T’OFFRE LE PARADIS ETERNEL, TU L’AS MERITE EN SACRIFIANT TA VIE POUR UN MEILLEUR LENDEMAIN, POUR L’AVENIR DE TA FAMILLE, DE TES AMIS ET DE TA PATRIE



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